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Les affections du poulain nouveau-né

Le poulain nouveau-né est particulièrement fragile entre la naissance et l’âge de 4 semaines environ et doit faire l’objet d’une surveillance attentive. Si quelques affections néonatales sont malheureusement incurables et entraînent la mort rapide du poulain ou son euthanasie, les autres sont tout à fait soignables à condition d’être détectées précocement : plus le traitement est mis en place rapidement, plus il sera efficace. À condition bien sûr de savoir en reconnaître les symptômes !

Les principales affections néonatales

On distingue généralement quatre groupes d’affections néonatales.

Les infections provoquées par des bactéries

Elles sont la principale cause de mortalité chez les poulains de moins d’une semaine. Les signes d’infection (hyperthermie, abattement, anorexie…) apparaissent 12 à 96 heures après la naissance. La contamination peut se faire in utero, donc avant la naissance (par exemple si la jument est atteinte de placentite, d’infections digestives ou respiratoires pendant la gestation) ou après la naissance (la contamination du poulain se fait par voie orale, respiratoire ou ombilicale). L’infection peut être généralisée (septicémies), ou rester localisée (hépatite, néphrite, méningite, encéphalite, entérocolite, arthrite…). Les principaux germes mis en cause sont Escherichia coli, des Klebsiella, des Salmonella et des Streptococcus.

Les maladies non infectieuses caractérisées par des troubles du comportement

Les premiers signes d’atteinte apparaissent moins de 48 heures après la naissance et sont d’emblée graves. Selon les cas, le poulain convulse, tourne en rond ou au contraire reste prostré, perd le réflexe de téter et de suivre la jument. Il peut s’agir :

  • d’un syndrome d’inadaptation néonatale ou SIN : le poulain présente des lésions cérébrales (petites hémorragies ou œdème), le plus souvent dues à un manque d’oxygène pendant le poulinage ou à d’importantes pressions subies par le poulain pendant l’expulsion ;
  • d’une prématurité (gestation de moins de 320 jours) ;
  • d’une immaturité liée à un placenta non totalement fonctionnel comme c’est le cas lors de gestation gémellaire ;
  • de la rétention de méconium.

Les malformations congénitales

Il s’agit d’anomalies morphologiques visibles dès la naissance. Elles sont très variées et peuvent toucher n’importe quel système. Les anomalies les plus fréquentes sont le bec de perroquet (ou prognathisme supérieur, qui correspond à une position en avant de la mâchoire supérieure), les rétractions tendineuses des membres (par exemple le pied-bot ou déformation en flexion de l’articulation interphalangienne distale et la bouleture ou déformation en flexion de l’articulation métacarpo- ou métatarso-phalangienne), les hernies, l’absence de globe(s) oculaire(s), les ruptures de la vessie, les malformations cardiaques et la fissure palatine. Les symptômes se manifestent généralement dès la naissance, sauf pour la hernie ombilicale (4e semaine), les malformations de l’intestin (12-24 h), les communications cardiaques (2e jour). Les malformations les plus graves (anomalie cardiaque, absence de globes oculaires, fente palatine importante…) entraînent généralement la mort rapide du poulain ou nécessitent son euthanasie. Les autres (rupture de la vessie, rétraction tendineuse…) peuvent être opérées mais, selon leur importance, le poulain en gardera peut-être des conséquences à vie.

Les malformations peuvent être d’origine génétique (transmises par l’un des deux parents, parfois les deux), d’origine chromosomique (issues d’une mauvaise répartition chromosomique au moment de la formation des cellules sexuelles, l’ovule ou le spermatozoïde, comme un chromosome en plus ou en moins par exemple), dues à une infection (virus, bactéries…) ou à l’administration de médicament à la jument pendant la gestation.

> Les anomalies les plus importantes sont celles qui se produisent pendant les 40 premiers jours de gestation : c’est le moment où les tissus du fœtus s’organisent en organes.

L’ictère hémolytique du nouveau-né (ou anémie hémolytique ou isoérythrolyse néonatale)

Il touche 1 à 2 % des poulains. Il s’agit d’une incompatibilité entre le groupe sanguin de la jument et celui de l’étalon : la jument développe des anticorps dirigés contre un élément du globule rouge du poulain, qui l’a hérité de son père. In utero, le poulain est protégé puisque les anticorps maternels ne franchissent pas la barrière placentaire ; mais dès sa naissance, il absorbe les anticorps accumulés dans le colostrum. Ceux-ci passent dans le sang, se fixent sur les globules rouges du poulain et provoquent leur destruction, d’où une grave anémie et une jaunisse, dont les premiers signes apparaissent 48 à 72 heures après la naissance : ictère progressif, faiblesse, réticence à aller à la mamelle, hémoglobinurie (l’urine est rouge), augmentation des fréquences cardiaque et respiratoire. Plus le colostrum est abondant et riche en anticorps, et plus les symptômes sont importants et apparaissent rapidement. Le traitement repose principalement sur la réalisation d’une transfusion sanguine. Le pronostic vital est bon si l’anémie hémolytique a été identifiée et prise en charge rapidement. Malheureusement, dans les cas les plus graves, le poulain décède en quelques heures avant même qu’un traitement ait pu être mis en place.

Reconnaître une affection néonatale

Les signes qui doivent vous alerter sont répertoriés dans le tableau suivant.

Délai après la naissance

Symptômes

Hypothèses
Dans les 5 mn

- le poulain ne respire pas ou suffoque

- fréquence cardiaque très lente ou très rapide (N = 40-80 bpm*)

- absence de réflexes

- mouvements saccadés, convulsions

- traumatisme à la naissance

- lésions cérébrales

Entre  1 et 24 heures

- le poulain ne se lève pas ou ne tient pas debout 2 heures après la naissance

- pas de réflexe de succion ou disparition de ce réflexe

- fréquence respiratoire rapide (N = 20-40 bpm*)

- température rectale trop basse ou trop élevée (N = 38 °C)

- fréquence cardiaque rapide (N = 60-80 bpm*)

- infection

- prématurité

- immaturité

- troubles métaboliques

- malformation de l’intestin

- syndrome d’inadaptation

- rétention du méconium
Entre 24 et 48 heures

- urine rouge

- colique

- diarrhée

- respiration difficile (naseaux dilatés)

- maladie hémolytique

- rupture de la vessie

- malformation cardiaque

- infection (pneumonie, omphalite…)

- troubles métaboliques (acidose)

*bpm = battements par minute

Que faire si le poulain présente manifestement une affection néonatale ?

Il s’agit toujours d’une urgence. Vous devez contacter votre vétérinaire au plus vite afin qu’il mette en place, si cela est possible, le traitement adéquat : soutien des fonctions vitales, traitements des infections, réhydratation, transfusion…

> Les premiers soins purement médicaux s’accompagnent toujours d’un nursing qui peut durer des semaines, jusqu’à ce que le poulain rétablisse son équilibre biologique : alimentation artificielle, aide pour se mettre debout, maintien au chaud, contention douce en cas de convulsions…

Dans certains cas, l’euthanasie du poulain est malheureusement inéluctable et doit être pratiquée rapidement pour éviter toute souffrance inutile.

Peut-on prévenir les affections néonatales ?

La prévention des affections néonatales du poulain repose sur une vaccination et une alimentation correctes de la jument pendant la gestation, une surveillance attentive du poulinage, la propreté de l’environnement et le respect des règles d’hygiène au moment de la naissance et des soins apportés au poulain. Sans oublier bien sûr l’apport de quantité suffisante de colostrum dans les douze premières heures de vie.

Toute affection de la jument pendant la gestation doit être rapidement prise en charge. Il ne faut jamais administrer de médicament (même un vermifuge) à une jument gestante/allaitante ou à son poulain sans avoir vérifié l’absence de contre-indication chez la jument gestante/allaitante et le poulain nouveau-né.

En cas de suspicion d’ictère hémolytique ou si la jument a déjà perdu un poulain de cette affection, il faut absolument empêcher le poulain de consommer le colostrum de sa mère, en le muselant pendant 36 à 48 heures (le temps que son tube digestif ne laisse plus passer les anticorps).