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La fourbure

La fourbure est une affection assez fréquente et très grave chez les équidés (chevaux, poneys, ânes…), évoluant généralement sur un mode aigu. Elle peut atteindre tous les chevaux, quels que soient leur race, leur utilisation, leur âge ou leur sexe. La fourbure aiguë est une urgence, qui nécessite l’intervention rapide d’un vétérinaire et éventuellement d’un maréchal-ferrant.

Qu’est-ce que la fourbure ?

La cohésion à l’intérieur du pied du cheval est due à l’engrènement, à la façon d’un velcro, entre les lamelles du podophylle (tissu qui recouvre les structures internes du pied, c’est-à-dire les os et les tissus mous) et celles du kéraphylle (corne souple qui constitue la face interne de la paroi de la boîte cornée du sabot).

La fourbure est une inflammation importante des structures lamellaires du pied du cheval. Elle entraîne un désengrènement du podophylle et du kéraphylle et aboutit à la désolidarisation des structures internes du pied (3e phalange, tendons, ligaments) et de la paroi du sabot. La 3e phalange n’étant plus soutenue, elle se déplace sous l’effet du poids du cheval : soit elle descend, soit elle bascule, selon l’étendue des lésions.


Les mécanismes d’apparition de la fourbure sont encore mal connus. Sont probablement en causes des phénomènes vasculaires, toxiques et mécaniques.

Quels en sont les symptômes ?

Les principaux symptômes de la fourbure aiguë sont les suivants :

  • Une boiterie, un piétinement, un refus de déplacement, voire un décubitus (le cheval reste couché) selon le degré de la fourbure.
  • Le ou les pied(s) atteint(s) sont chauds. Le plus souvent, ce sont les deux antérieurs qui sont touchés, mais un, deux, trois ou quatre pieds peuvent être atteints.
  • Une douleur au niveau de la bande coronaire des pieds atteints : un simple tapotement avec un doigt sur la pince du sabot provoque une réaction de défense.
  • Un pouls digité marqué. Normalement, le pouls digité est à peine perceptible. Si vous posez deux doigts en arrière du paturon (au niveau de l’artère digitée qui irrigue le sabot) et que vous sentez un pouls, cela traduit une inflammation du pied.
  • Un report de poids sur les talons : le cheval marche les pieds en avant en appuyant sur ses talons, pour soulager sa pince douloureuse.
  • Une augmentation des fréquences cardiaque et respiratoire, de la température (jusqu’à 41 °C), une congestion des muqueuses (le cheval a l’œil injecté de sang), dues à la douleur.
  • Si la fourbure est d’origine alimentaire, elle peut être précédée de signes digestifs (coliques discrètes, diarrhée profuse et jaune, présence de grains non digérés dans les crottins).

Lorsque la fourbure devient chronique, en cas d’intervention tardive ou de persistance des causes, la position antalgique que prend le cheval (penché en arrière) et la bascule éventuelle de la 3e phalange conduisent à une modification des aplombs. Le sabot s’allonge en pince avec une forme caractéristique recourbée vers le haut. La paroi se cercle (formation de reliefs et de sillons successifs et plus ou moins parallèles au bourrelet) faisant suite aux inflammations répétées. La sole devient bombée et douloureuse.

Quelle est l’origine de la fourbure ?

Les causes alimentaires sont très importantes : les fourbures sont souvent liées à des erreurs alimentaires entraînant la production d’endotoxines au niveau de la flore bactérienne digestive. Peuvent être en cause un changement brutal de régime alimentaire, une alimentation pauvre en fibres, un excès de glucides fermentescibles dans le gros intestin, une surcharge alimentaire (notamment en céréales). L’obésité est également un facteur favorisant.

Un traumatisme peut aussi être responsable de fourbure, comme un ferrage inadapté, des pieds trop longs, un report de poids sur un membre (dû, par exemple, à une ancienne boiterie ou une plaie sur le membre controlatéral), une fourmilière ou un corps étranger dans la paroi, un travail réalisé sur un sol trop dur.

Enfin, une maladie systémique comme un syndrome de Cushing, une infection (processus infectieux, viral ou bactérie, tel que diarrhée, coup de froid, colique et surtout rétention placentaire) ou une toxi-infection (ingestion d’aliments contaminés par certains agents infectieux ou par leurs toxines) peuvent également être responsables de la fourbure.

Quel est le traitement de la fourbure ?

Le traitement consiste à administrer des antalgiques et des anti-inflammatoires non stéroïdiens : ils calment la douleur, ont des propriétés anticoagulantes et vasodilatatrices. Dans les cas extrêmes, on peut pratiquer une anesthésie des nerfs digités pour soulager le cheval. Il faut ensuite supprimer la cause de l’apparition de la fourbure si cela est possible : administrer des antibiotiques en cas de fourbure consécutive à une infection, vidanger l’estomac lors de surcharge alimentaire…

> Certains vétérinaires pratiquent la saignée pour soulager le cheval fourbu en phase aiguë. Contrairement à une idée reçue, la saignée n’agit pas par diminution de la pression sanguine : il s’agit d’un réflexe au niveau du système nerveux qui provoque la fermeture des vaisseaux sanguins périphériques, diminuant ainsi l’irrigation au niveau du pied. L’acte est certes impressionnant, puisqu’il consiste à retirer d’un coup 1 à 2 litres de sang, parfois plus, mais le résultat est spectaculaire !

La sole des pieds touchés sera recouverte avec un pansement épais et moelleux et le cheval tenu au repos. Le pied doit être réexaminé dans les 24 heures. Si l’évolution ne semble pas favorable, des radiographies peuvent être envisagées, pour connaître l’étendue des lésions et le degré éventuel de bascule de la phalange.

Si nécessaire, une fois que la phase aiguë est passée, le maréchal-ferrant  pose une ferrure spéciale. Il commence par tronquer le pied en pince, jusqu’à atteindre la zone congestionnée et se rapprocher le plus possible de la phalange, puis il pose une ferrure orthopédique pour soulager l’avant du pied, aider les talons à supporter le poids de l’animal et mettre la fourchette en appui pour empêcher la phalange de continuer sa bascule. Si la sole est très abîmée, il la protège avec une plaque de cuir. Il existe également des fers en plastique : ils n’enserrent pas le pied car sont beaucoup plus souples et apportent un appui sur l’ensemble du pied, sauf en pince. La ferrure faisant suite à une fourbure est douloureuse pour le cheval, puisqu’on l’oblige à quitter la position antalgique qui le soulageait. Pendant les quelques jours qui suivent, il est possible de le soulager avec des anti-inflammatoires. Une fois cette ferrure posée, elle doit être laissée en place le plus longtemps possible (au moins 8 semaines). On ne réintervient sur le pied qu’en cas d’absolue nécessité (apparition d’abcès ou de fourmilières), car chaque nouvelle intervention sur le pied handicape de nouveau le cheval.

La guérison de la fourbure est souvent très longue (plusieurs mois), surtout pour les formes chroniques, et les récidives sont toujours possibles. Le cheval doit être maintenu au repos pendant toute sa convalescence.

Les risques de complications sont importants : les chevaux présentent souvent suite à la fourbure une insuffisance rénale ou hépatique. Des lésions du pied très graves peuvent se produire : perforation de la sole devant la pointe de la fourchette ou, pire, déchaussement du sabot. Mais le plus souvent, l’évolution se limite à la bascule de la 3e phalange. Les complications infectieuses sont également à craindre en cas de plaie souillée. La mort peut survenir en raison de la douleur intense (choc) ou suite à des troubles généraux (coliques ou septicémie).

Que faire pour soulager un cheval fourbu ?

En attendant l’arrivée du vétérinaire, on peut soulager la douleur du cheval en :

  • Le mettant au repos.
  • Le plaçant sur un terrain mou (sable ou litière de tourbe et de sciure).
  • Lui douchant les pieds avec de l’eau fraîche (mais pas glacée) ou le plaçant dans le courant d’une rivière ou dans un pédiluve.
  • En enlevant un clou sur deux s’il est ferré (ne pas le déferrer totalement).
  • Lui mettant un panier pour qu’il ne puisse pas manger, mais s’abreuve à volonté.

En revanche, il ne faut surtout pas administrer de corticoïdes (ils augmentent la vasoconstriction), ni obliger le cheval à marcher ou le déferrer trop tôt (trop d’appui sur la sole aggrave la situation).

Peut-on prévenir l’apparition de la fourbure ?

Certains équidés sont prédisposés aux fourbures : ce sont les chevaux et les poneys qui présentent un excès de poids, des sabots encastelés, de mauvais aplombs…

La prévention passe par une maîtrise des facteurs de risques, notamment des causes alimentaires. Il est important de limiter la prise de poids de l’animal, par exemple en restreignant la surface de la pâture. Il faut aussi limiter la quantité de glucides dans le régime, la quantité de foin de prairie distribuée et favoriser la distribution de la paille.

> Pour les poneys grassouillets, les facteurs alimentaires sont essentiels : ils peuvent être laissés sur une pâture peu riche (voire un paddock de terre) et nourris uniquement de foin.

Soyez attentif à toute cause d’infection et vérifiez bien les délivrances chez les juments.

Enfin, évitez les efforts prolongés sur terrain dur et n’oubliez pas d’entretenir régulièrement les pieds de votre cheval et de soigner immédiatement toute atteinte des pieds.

En cas de fourbure chronique, le cheval sera ferré avec des fers spéciaux qui permettront de mieux répartir les charges au sein du sabot et d’améliorer sa vascularisation.