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L’examen clinique du bovin adulte

Tout au long de sa vie, le bovin adulte peut présenter de nombreuses affections (infectieuses, parasitaires, nutritionnelles, métaboliques…). Savoir pratiquer un examen clinique « de base » est indispensable, pour évaluer la gravité (ou non) de la situation. L’examen clinique est le premier outil de bonne utilisation du bilan sanitaire d’élevage et des protocoles de soins affiliés. N’hésitez pas à demander à votre vétérinaire de vous montrer les gestes essentiels : prélèvement de bouse, palpation vaginale, auscultation du rumen…

Dans tous les cas, commencez par isoler et attacher le bovin.

1- Examen général

La température normale du bovin adulte est de 38 à 39°C (38,6°C en moyenne). Elle se prend par voie rectale, en appliquant bien le thermomètre contre la muqueuse pendant une minute. Les variations atmosphériques sont à l’origine de variation d’environ 1°C et la température est au moins d’un demi-degré plus élevée le soir que le matin.
> Si la température est supérieure à la normale, l’animal est en hyperthermie et présente souvent un abattement et une baisse d’appétit (caractéristiques d’un état infectieux ou d’un coup de chaleur). Si la température est inférieure à la normale, l’animal est en hypothermie (souvent en état de choc).

Les yeux doivent remplir les cavités orbitaires.
> Les yeux enfoncés dans les cavités orbitaires sont le signe d’une déshydratation ou d’un état de choc.

Quand on pince la peau (à mi-hauteur de l’encolure), le pli de peau doit glisser sur le corps et reprendre sa position initiale instantanément.
> Un pli de peau persistant est le signe d’une déshydratation.

Les muqueuses (observées au niveau des yeux, des gencives ou de la vulve) doivent être rose pâle, brillantes et humides.
> Des muqueuses blanches sont le signe d’une anémie ou d’une hémorragie (interne ou externe), des muqueuses violacées d’un état de choc, d’un état infectieux ou d’une déshydratation, des muqueuses jaunes d’un ictère.

2- Examen de l’appareil digestif

Les fèces du bovin adulte varient en fonction de l’alimentation : vert foncé en prairie, brun-olive en étable, brun-jaunâtre avec l’ensilage de maïs... Vous pouvez prélever des bouses en introduisant une main gantée dans le rectum. Notez la consistance, l’allure et la couleur, le degré de digestion.
> L’observation des fèces au sol lors de diarrhée peut permettre d’en déterminer l’origine : atteinte des parties terminales du tractus digestif si les fèces sont liquides avec du sang rouge (non digéré), atteinte des parties antérieures du tractus digestif si les fèces sont liquides avec du sang noir (digéré), présence d’un agent pathogène très agressif (type salmonelle) si on note des lambeaux de muqueuse intestinale dans les fèces.

L’abdomen ne doit pas être dilaté. Demander à votre vétérinaire de vous montrer comment contrôler les contractions de base du rumen en posant l’oreille sur le flanc gauche de l’animal ou en utilisant un stéthoscope. Le fait de pincer le garrot permet de vérifier l’absence de douleurs abdominales : l’animal reste raide en cas de douleur abdominale, il se cambre dans le cas contraire.
> Une dilatation de l’abdomen (visible en observant l’animal de l’arrière) à droite ou à gauche peut être le signe d’une dilatation / torsion de la caillette ou d’une dilatation du rumen. L’absence de bouses et la présence de mucus dans le rectum signent une occlusion intestinale. Un arrêt de la rumination est à considérer comme un symptôme grave.

3- Examen de l’appareil cardio-respiratoire

  • Au niveau des poumons : la fréquence respiratoire normale est de 15 à 35 battements par minute chez un bovin adulte. La fréquence respiratoire se mesure en regardant l’animal de trois-quarts arrière (observation des mouvements du creux du flanc et des dernières côtes) ou en observant les mouvements des naseaux. La durée de l’inspiration est à peu près égale à celle de l’expiration. Les mouvements des côtes et de l’abdomen lors de la respiration doivent être synchrones. L’interprétation de l’auscultation des poumons est à réserver au vétérinaire.
    > La présence d’écoulements oculaires, de jetages nasaux (« morves » ou « chandelles »), de toux ou de dyspnée (coup de flanc) indique une maladie respiratoire. Dans ces cas, la prise de température est indispensable pour une première orientation diagnostique entre parasitaire ou infectieux.
  • Au niveau du cœur : la fréquence cardiaque normale est de 60 à 80 bpm chez un bovin adulte. Le pouls se prend par palpation-pression au niveau de l’artère faciale (au bord inférieur de l’os maxillaire) ou de l’artère coccygienne (face intérieure de  la queue). Les battements de cœur doivent être réguliers (on peut apprécier un trouble du rythme cardiaque en posant une main sur la région du cœur).
    > Un gonflement des veines jugulaires est le signe d’une péricardite, d’une insuffisance cardiaque ou d’une forte fièvre, justifiant un appel urgent du vétérinaire.

4- Examen de l’appareil locomoteur et du comportement

La station debout doit toujours être possible et l’animal doit pouvoir se déplacer. Soyez attentif au port des oreilles, de la tête et de l'encolure, à la position des membres et à la position de la queue par rapport au tronc. N’oubliez pas d’examiner la courbure de la ligne dorsale.
> Un dos voussé, une tête ou des oreilles basses, un écartement des membres antérieurs, une queue relevée en panache, une attitude en auto-auscultation (l’animal se regarde le flanc) sont des attitudes anormales. La perte de la station debout signe un trouble métabolique, infectieux ou traumatique.

L’animal doit être vigile et conscient.
> La présence de troubles neurologiques (somnolence, inquiétude, convulsions, tourner en rond, pousser au mur…) renvoie à des affections type méningites bactériennes, virales (rage, maladie d’Aujeszky) ou parasitaires (néosporose), au tétanos, à des déficits métaboliques (tétanie d’herbage)…

5- Examen de l’appareil urinaire

L’urine doit être de couleur jaune clair et limpide. Le recueil d’un échantillon d’urine peut se faire sur miction spontanée ou provoquée (il suffit de gratter avec les doigts le côté ou le dessous de la vulve, ou quelquefois simplement de siffler à côté de l’animal).
> Toute modification des urines (couleur café, aspect floconneux, couleur jaune orangé…), des efforts à la miction ou une augmentation de leur fréquence est un motif d’appel du vétérinaire.

6- Examen de l’appareil génital

  • Femelles : en dehors des périodes de chaleurs, la vulve doit être propre et rose. Pour examiner le vagin et la partie postérieure du col, procédez à une palpation vaginale : introduisez une main gantée (préalablement lubrifiée dans de l’eau propre ou du gel) dans le vagin jusqu’au col pour récolter les sécrétions qui s’y trouvent. La palpation transrectale (à pratiquer de préférence avant la palpation vaginale) permet d’examiner l’ensemble du col, les cormes utérines et les ovaires.
    > La présence d’écoulements (muqueux, purulents, sanguins…) peut être le signe de métrite, d’hémorragie…
  • Mâles : les poils du fourreau doivent être secs, les testicules (sur un animal non castré !) fermes et élastiques. Notez les zones chaudes ou gonflées.

7- Examen de la mamelle

Soyez particulièrement attentif à la symétrie des quartiers avant ou arrière, à la couleur de la peau (ictère, cyanose, anémie) et la présence de lésions (plaies, ulcères, excoriations, abcès…). Palpez la mamelle et les trayons à la recherche de blessures ou de zones sensibles, chaudes ou dures. Examinez les premiers jets sur un bol à fond noir : couleur, consistance, odeur, présence d’éléments anormaux quartier par quartier.

> Une mamelle très froide ou très chaude peut être atteinte de mammite.

En pratique, vous pouvez adopter la démarche suivante en 6 temps, de l’arrière vers l’avant de l’animal :

  1. Prenez la température du bovin. Profitez de la minute que cela demande pour l’observer attentivement : recherchez une partie du corps enflée, déformée ou chaude (n’hésitez pas à palper l’animal pour mettre en évidence une sensibilité à la pression) ou un problème de peau (dépilation, plaie…).

  2. S’il s’agit d’une vache qui a vêlé le mois précédent, faites une palpation vaginale. En dehors de la période de vêlage, contrôlez simplement la couleur de la vulve.

  3. Prélevez et observez un échantillon de fèces dans le rectum.

  4. Vérifier la mamelle, le lait et les trayons (femelles) et l’état du fourreau (mâles).

  5. Contrôlez les contractions de base du rumen. Pincez le garrot pour rechercher une douleur dans le bas du ventre.

  6. Observez la tête, l’encolure et le thorax.

ATTENTION : cette fiche ne peut en aucun cas remplacer la consultation du vétérinaire.