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La castration

Dès sa deuxième année, le comportement de votre jeune cheval change : il peut montrer des signes d’agressivité envers vous ou ses congénères, et surtout, il commence à s’intéresser aux femelles de son entourage. Attention, il peut tout à fait saillir une jument et la féconder ! Il est temps de penser à la castration, sauf si bien sûr vous avez une raison pour le garder entier !

Qu’est-ce que la castration ?

La castration ou stérilisation consiste à enlever de façon chirurgicale les testicules du cheval. Cette opération, irréversible par nature, rendra le cheval stérile (suppression de la production de spermatozoïdes) et plus docile (diminution du taux de testostérone dans le sang).

Sa conformation se modifie légèrement suite à la castration : développement plus ample du train postérieur et allègement du train antérieur (encolure, poitrine).

> Castré, l’étalon deviendra un « hongre ».

A quel âge pratiquer la castration ?

Le cheval est castré après sa puberté, soit entre deux et trois ans. S’il est opéré plus tard, il risque de garder son comportement d’étalon et de continuer à rechercher les juments en chaleur.

Y a-t-il une meilleure saison ?

Il est préférable de pratiquer la castration en automne ou en hiver, car les insectes volants vecteurs de germes sont moins nombreux en ces saisons, ce qui limite les risques d’infection. On évitera une intervention pendant les périodes de forte chaleur.

Quelles sont les techniques utilisées ?

  • Autrefois, on pratiquait la castration aux casseaux : les casseaux (bâtons en bois de 15 cm environ), solidement ligaturés, sont placés sur la peau au-dessus des testicules, ou directement sur les cordons spermatiques après incision des enveloppes, et sont laissés en place jusqu’à ce que les tissus sous la pince se nécrosent et que les testicules tombent d’eux-mêmes, une dizaine de jours plus tard… Inutile de préciser que cette pratique est douloureuse pour le cheval. Rares sont maintenant les vétérinaires qui utilisent ce procédé.
  • Aujourd’hui, la technique la plus souvent utilisée est celle dite « à testicules découverts » sans suture de la peau. Elle consiste à inciser le scrotum (la peau qui entoure les testicules) puis à laisser poser pendant quelques minutes une pince spéciale appelée émasculateur, qui permet d’écraser les vaisseaux sanguins (ce qui empêche les saignements) et de couper en même temps le cordon testiculaire. L’opération est répétée sur le deuxième testicule. La pose d’une ligature peut compléter ou remplacer le temps de serrage de l’émasculateur. Les plaies ne sont pas suturées pour favoriser le drainage du site.

Généralement, si le cheval est calme et très docile, habitué à être manipulé, et si les installations s’y prêtent, l’intervention se fait chez le propriétaire, sur le cheval debout, simplement tranquillisé, avec une personne à la tête pour l’empêcher de vaciller. En plus de la tranquillisation, une anesthésie locale est pratiquée par injection d’un anesthésique dans les testicules et dans les cordons spermatiques.

L’intervention peut également se pratiquer sur le cheval totalement anesthésié, donc couché, chez le propriétaire ou à la clinique vétérinaire (le cheval est hospitalisé pour la journée). L’anesthésie générale est préférable si le cheval est peu manipulable, pour sa sécurité et celle du vétérinaire.

Dans les deux cas (tranquillisation ou anesthésie), le cheval doit être à jeun depuis 12 heures. Une couverture antibiotique par voie générale est mise en place pendant au moins 5 jours et une injection de sérum anti-tétanique est pratiquée en cas de doute sur les vaccinations.

Dès le lendemain de l’opération, le cheval doit marcher un peu pour favoriser le drainage des plaies. Celles-ci seront douchées une à deux fois/jour au jet froid, avec une application locale d’antiseptiques, si le cheval se montre coopératif. Il est conseillé de tresser ou de poser un bandage sur la queue pour éviter qu’elle ne vienne sur les cicatrices.

La castration en elle-même dure 15 à 20 minutes. La cicatrisation demande 3 à 4 semaines, pendant lesquelles le cheval ne pratiquera qu’un exercice très léger (ne pas faire trotter le cheval avant une semaine), sur un sol non glissant. 

  • Il existe également une technique de castration dite « à testicules couverts » avec suture de la peau : l’incision ne se fait pas sur le scrotum mais au niveau de l’aine (en regard de l’anneau inguinal). Le testicule est sorti par cette ouverture, puis le cordon est ligaturé et coupé. Les tissus superficiels et la peau sont ensuite suturés. Cette technique se fait obligatoirement en clinique, sur un cheval anesthésié. Le temps opératoire est plus long (30 à 40 mn) et le cheval doit rester au repos strict pendant 10 jours. Cette technique est plus coûteuse, mais la récupération est plus rapide et les complications plus rares.

Y a-t-il des risques ou des complications possibles à la castration ?

N’oubliez pas que dans la plupart des cas, la plaie de castration n’est pas suturée : il faut veiller à maintenir le cheval dans une hygiène parfaite (nettoyage de la plaie, nettoyage du box, voire désinfection si nécessaire).

> Evitez durant le temps de la cicatrisation les paddocks boueux et les boxes poussiéreux.

Un léger engorgement est fréquent dans les jours qui suivent l’intervention. Pour faciliter son élimination, promenez le cheval au pas pendant ¼ heure, matin et soir, pendant une à deux semaines. De même, un léger suintement de sang peut persister 2 à 3 jours. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire si cela vous inquiète.

La complication la plus fréquente est la formation d’un œdème douloureux et chaud, qui révèle une infection du scrotum et du fourreau. Une infection mal soignée peut évoluer en péritonite ou en septicémie dont l’issue est le plus souvent fatale. Par précaution, vérifiez deux fois par jour la température du cheval castré.

Beaucoup plus rarement, il peut se produire une hémorragie si l’émasculateur n’a pas été posé assez longtemps ou si la ligature du cordon spermatique lâche. Il faut alors réintervenir en urgence pour stopper l’hémorragie. Pour limiter les risques, le cheval doit être surveillé en permanence pendant les 6 heures qui suivent la castration, puis toutes les 4 heures pendant 24 heures.

Les cas d’hernie inguinale et d’éventration sont très rares, mais possibles.

A la suite de la castration, le cheval perd progressivement, en un à deux mois, son comportement de mâle entier. Il est moins agressif envers les autres mâles et se désintéresse des juments en chaleur, ce qui le rend plus facile à travailler.

Cas particulier du cheval cryptorchide

Un cheval dont les testicules ne sont pas descendus dans le scrotum à l’âge adulte est dit « cryptorchide » (si un seul testicule n’est pas descendu, le cheval est dit « monorchide »).

Les testicules peuvent être restés dans le ventre du cheval (cryptorchidie abdominale), ou être au bon endroit mais sous la peau (cryptorchidie superficielle), ou encore être entre les deux (cryptorchidie inguinale car les testicules sont dans le canal inguinal).

Si les testicules ne sont pas en place à l’âge de 18 mois, il est peu probable qu’ils descendent ensuite spontanément. Une intervention doit alors être réalisée rapidement. Une cryptorchidie superficielle se traite comme une castration ; en revanche, une cryptorchidie abdominale ou inguinale nécessite une incision des muscles abdominaux, obligatoirement sous anesthésie générale.

> Un cheval cryptorchide doit être castré, d’une part à cause du risque d’agressivité et d’autre part parce que cette affection étant héréditaire, il est préférable que ces chevaux ne se reproduisent pas.

Méfiance si…
 
Si au moment de la vente, un cheval vous est présenté comme hongre, mais qu’il ne présente qu’une seule ou aucune cicatrice de castration, méfiez-vous : il peut s’agir d’un cheval en réalité cryptorchide ou monorchide ! Normalement, la castration est notée sur le carnet du cheval et enregistrée aux Haras Nationaux.